jeudi 14 janvier 2010

2010 : 5 prédictions politiques

Bon, comme tout le monde s'y met, voici une liste des mes petites prédictions politiques pour 2010 :

  • Au premier plan des inquiétudes sur le plan international : l'Iran et le Pakistan. Il est à prévoir un durcissement diplomatique entre les nations occidentales (US, France, UK et Inde compris) et le Pakistan, qui reste la première poudrière islamiste au monde. Rappelons qu'environ un tiers du pays (le Waziristan) est en partie occupé par les Talibans. Depuis 2004, les Etats-Unis mènent une guerre qui ne dit pas son nom. Le récent attentat manqué sur un vol pourrait libérer le bellicisme américain (qui n'en a déjà pas besoin). Côté Iran, le bras de fer se poursuit. Je maintiens les billets que j'ai consacré au sujet (ici et ) : Obama mise sur la chute du régime à moyen terme. Gageons qu'il ait raison.
  • La sortie de guerre en Irak / la question afghane : ces deux guerres, qui ont en commun de ne jamais en finir, durent depuis presque 9 ans. Le général Petraeus, le chef de guerre américain sur cette zone, ne parviendra pas à stabiliser la zone. Aucun départ digne n'est possible. Parions que 2010 sera l'année de cette prise de conscience. Rappelons aussi que la France, si célèbre pour son refus de la guerre en Irak, a envoyé 2 300 hommes en Afghanistan. Le pacifisme de Sarkozy se mesure à cette aune.
  • La question de la sortie de crise économique : on entend beaucoup d'analystes prévoir le rebond économique au second semestre 2010. C'est optimiste. Le chômage continue d'augmenter dans toutes les grandes économies et les pratiques qui ont conduit à la crise (spéculation immobilière et boursière) ont déjà recommencées. Parions sur une stabilisation des économies (le fameux scénario en L) pour 2010.
  • La campagne pour la présidentielle 2012 : l'ensemble des prétendants de gauche (royal, hollande, aubry, dsk) vont s'agiter à l'intérieur du PS pour structurer un courant et à l'extérieur pour apparaître le leader naturel de la gauche. Mais 2010 ne sera pas l'année du déchirement, qui aura lieu en 2011 lors de l'investiture PS. A droite, une candidature Sarkozy paraît inévitable. Mais Coppé et Bertrand restent en embuscade et guette un faux-pas majeur du président. Le hussard De Villepin sera également intéressant à suivre. Je pense toujours que l'ancien premier ministre sera l'élément perturbateur de la présidentielle 2012.
  • L'après-Kyoto : l'échec du sommet de Copenhague en décembre 2009 n'augure rien de bon en termes de coordination internationale sur l'environnement. L'échec de sommet est retentissant dans la mesure où l'on avait annoncé un protocole Kyoto améliorée et contraignant pour l'ensemble des pays (US et Chine compris). Il n'en a rien été : les égoïsmes nationaux ont pris le dessus sur la gouvernance internationale. Demander tous les efforts aux pays émergents aura démontrer l'arrogance des pays riches.

mercredi 25 novembre 2009

Montesquieu : la séparation des pouvoirs et la démocratie

Montesquieu justiceLe tribunal, symbole de la séparation des pouvoirs selon Montesquieu


Démocratie chez Montesquieu : l'excellence démocratique et morale

Ces philosophes ont tous pensé la démocratie à l'aune de leur problématique personnelle. Chez Montesquieu, l'approche est juridique. Chez Rousseau, l'angle problématique est celui de l'harmonie sociale et chez Voltaire, elle prend la forme de la lutte contre l'obscurantisme.

Nous commencerons par Montesquieu. Inutile de rappeler l'ouvrage majeur qu'est L'esprit des Lois.

Montesquieu est un démocrate, sans aucun doute.
Sa philosophie de la subjectivité se résume dans une phrase :
"Dans l'état de nature, les hommes naissent bien dans l'égalité; mais ils n'y sauraient rester. La société la leur fait perdre, et ils ne redeviennent égaux que par les lois"

La nature de l'homme est l'égalité. C'est l'association des hommes qui injectent de l'inégalité entre eux. Le rôle, la finalité de la politique doit être de la rétablir et de garantir l'égalité des citoyens.

Quels sont les fondements de la démocratie ?

La vertu au service de l'égalité
chez Montesquieu : un garant moral

Etrangement, Montesquieu en historien des idées politiques, pose des principes moraux au fondement de la démocratie : la VERTU.
Qu'est-ce que le vertu ? Sa définition est différente de celle donnée par les grecs Platon ou Aristote. Il s'agit de l'amour des lois. Or, les lois sont censées garantir l'égalité. Donc la vertu est amour de l'égalité.
"On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières : elles ne sont que cette préférence. Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde; pour le conserver, il faut l'aimer."

Selon lui, seule la démocratie a besoin de la vertu : l'aristocratie se maintient par la raison de quelques individus, la tyrannie par la terreur du souverain.

La séparation des pouvoirs chez Montesquieu : un garant juridique

Montesquieu distingue 3 types de pouvoir : l'exécutif (gouvernement), le judiciaire (juges) et le législatif (peuple).
L'exécutif met en oeuvre les lois conçues par la législatif, lois dont l'application est confiée au judiciaire.

Pourquoi une séparation des pouvoirs ?
Parce que si le législateur est l'exécuteur, rien ne l'empêche de se corrompre en mettant en oeuvre des lois qui lui sont favorables.
Si l'exécutif est le juge, aucun contrôle de l'action publique n'est possible.

Cette relation triangulaire permet à la société de s'équilibrer.

D'autre part, comme Machiavel, Montesquieu défend une démocratie du hasard :
"Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie; le suffrage par choix est de celle de l'aristocratie."

Enfin, Montesquieu pointe deux risques majeurs pour la démocraties :
"l'esprit d'inégalité, qui la mène à l'aristocratie, ou au gouvernement d'un seul; et l'esprit d'égalité extrême, qui la conduit au despotisme d'un seul, comme le despotisme d'un seul finit par la conquête"

Retour au sommaire du dossier sur les philosophies de la démocratie
Article 1 : La démocratie chez Platon/Aristote
Article 2 :
Religion et Politique : quelle place pour Dieu ?
Article 3 :
Machiavel, fondateur de la science politique moderne
Article 4 : La démocratie chez les Lumières

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