Bon, comme tout le monde s'y met, voici une liste des mes petites prédictions politiques pour 2010 :
- Au premier plan des inquiétudes sur le plan international : l'Iran et le Pakistan. Il est à prévoir un durcissement diplomatique entre les nations occidentales (US, France, UK et Inde compris) et le Pakistan, qui reste la première poudrière islamiste au monde. Rappelons qu'environ un tiers du pays (le Waziristan) est en partie occupé par les Talibans. Depuis 2004, les Etats-Unis mènent une guerre qui ne dit pas son nom. Le récent attentat manqué sur un vol pourrait libérer le bellicisme américain (qui n'en a déjà pas besoin). Côté Iran, le bras de fer se poursuit. Je maintiens les billets que j'ai consacré au sujet (ici et là) : Obama mise sur la chute du régime à moyen terme. Gageons qu'il ait raison.
- La sortie de guerre en Irak / la question afghane : ces deux guerres, qui ont en commun de ne jamais en finir, durent depuis presque 9 ans. Le général Petraeus, le chef de guerre américain sur cette zone, ne parviendra pas à stabiliser la zone. Aucun départ digne n'est possible. Parions que 2010 sera l'année de cette prise de conscience. Rappelons aussi que la France, si célèbre pour son refus de la guerre en Irak, a envoyé 2 300 hommes en Afghanistan. Le pacifisme de Sarkozy se mesure à cette aune.
- La question de la sortie de crise économique : on entend beaucoup d'analystes prévoir le rebond économique au second semestre 2010. C'est optimiste. Le chômage continue d'augmenter dans toutes les grandes économies et les pratiques qui ont conduit à la crise (spéculation immobilière et boursière) ont déjà recommencées. Parions sur une stabilisation des économies (le fameux scénario en L) pour 2010.
- La campagne pour la présidentielle 2012 : l'ensemble des prétendants de gauche (royal, hollande, aubry, dsk) vont s'agiter à l'intérieur du PS pour structurer un courant et à l'extérieur pour apparaître le leader naturel de la gauche. Mais 2010 ne sera pas l'année du déchirement, qui aura lieu en 2011 lors de l'investiture PS. A droite, une candidature Sarkozy paraît inévitable. Mais Coppé et Bertrand restent en embuscade et guette un faux-pas majeur du président. Le hussard De Villepin sera également intéressant à suivre. Je pense toujours que l'ancien premier ministre sera l'élément perturbateur de la présidentielle 2012.
- L'après-Kyoto : l'échec du sommet de Copenhague en décembre 2009 n'augure rien de bon en termes de coordination internationale sur l'environnement. L'échec de sommet est retentissant dans la mesure où l'on avait annoncé un protocole Kyoto améliorée et contraignant pour l'ensemble des pays (US et Chine compris). Il n'en a rien été : les égoïsmes nationaux ont pris le dessus sur la gouvernance internationale. Demander tous les efforts aux pays émergents aura démontrer l'arrogance des pays riches.